Retour sur l'Université d'été européenne des mouvements sociaux - jour 1

L’Université d’été européenne des mouvements sociaux (ESU) s’est ouverte hier, mercredi 17 août 2022, en Allemagne dans la ville de Mönchengladbach .

Une délégation de l'Union Syndicale Solidaires y est présente avec des membres du secrétariat nationale de l'Union, mais aussi avec camarades des Fédérations SUD PTT, SUD Santé Sociaux, SUD Rail, SUD Commerces et Services, etc.

Le programme est à retrouver en lien ci-dessous:

https://www.esu22.eu/fr/programme

Hier avait lieu la plénière d’ouverture, ci-dessous l’intervention de Murielle Guilbert, co-déléguée de notre Union syndicale suite à 2 questions qui lui étaient posées sur le travail :

- quels enjeux pour les mobilisations dans le monde du travail actuellement et quel intérêt de rencontrer d’autres mouvements à l Esu ?

- que penses-tu construire à l Esu?

Intervention au lancement des universités d’été du mouvement social 2022

17 Août 2022 Murielle Guilbert pour Solidaires

Les enjeux des mobilisations dans le monde du travail sont et seront centrés en France mais comme dans d’autres pays sur la question de la revalorisation des salaires face à la montée de l’inflation et leur stagnation depuis plusieurs années. Au Royaume-Uni les grèves sont effectives ce mois d’août dans plusieurs secteurs, et une mobilisation est déjà prévue le 29 septembre prochain en France.

La tension sur les salarié-es, les précaires, étudiant-es et chômeur-euses se fait de plus en plus forte, après une période de pandémie qui a déjà malmené l’emploi, et les conditions de vie.

Cette enième crise économique est la conséquence de la guerre en Ukraine, des dépendances énergétiques, mais bien aussi d’un appétit de plus en plus féroce des plus riches qui nourrissent et défendent le système capitaliste (les distributions de dividendes ne semblent pas avoir de limites quelles que soient les circonstances). Ce système capitaliste ne l’oublions pas, repose aussi largement sur des systèmes d’oppressions envers les femmes, les minorités, ceux et celles qui ne rentrent pas dans le moule de la compétition et compétitivité permanente.

Lutter pour les salaires, un système de santé, de protection sociale, les services publics, des conditions de travail satisfaisantes, réduire le temps de travail pour mieux le partager, réorienter le travail vers une richesse qui a du sens pour la planète, questionner la nature des emplois, ce sont toutes ces thématiques sous-jacentes aux revendications d’un syndicalisme de transformation sociale qui seront discutées, débattues lors de ces universités.

Et le travail reste une question centrale pour une majorité de la population, et de ce fait c’est un levier essentiel pour convaincre, débattre avec la population des alternatives que de plus en plus de personnes préssentent comme urgentes. Ces alternatives sont aussi un moyen pour combattre l’extrême droite qui se nourrissent de la haine et la peur et qui constituent un danger majeur.

Pour moi et vous aussi, l’intérêt de ces universités du mouvement social c’est de consolider, d’élargir nos revendications de transformations sociales.

On ne pourra pas réaliser la transition écologique sans les travailleuses et travailleurs, et particulièrement celles et ceux qui sont dans des industries polluantes. La question des reconversions du travail est importante et comment nous allons la mener au regard de ce que nous devons continuer à produire et consommer, et ce dont on peut se passer. A travers le collectif Plus jamais ça en France alliant des syndicats et des organisations environnementales et de justice sociale, nous avons commencé à mettre des luttes concrètes qui relient social et environnemental en lumière.

Sortir du capitalisme suppose aussi combattre la précarisation du travail, l’exploitation. Cette exploitation en premier lieu des femmes, des migrant-es, sans papiers, des personnes racisées, non valides et discriminées. Ces changements fondamentaux ne pourront se faire sans elles et eux et la construction et l’amplification de la grève féministe, l’amplification des mouvements antiracistes vont dans ce sens.

Ces universités permettent la rencontre d’organisations européennes écologiques, syndicales, féministes, de justice sociale, fiscale (et j’en oublie), et qui vont apporter chacune leurs expériences de luttes, leurs savoirs.

Unifier et amplifier nos combats communs est pour moi de plus en plus une évidence.

Je pense construire avec vous pas à pas, des mobilisations communes, au-delà des frontières ou de nos propres champs de luttes.

Ce n’est pas l’appel du grand soir, mais bien se redonner collectivement de la force pour construire lutte par lutte cet autre monde désormais incontournable.